revenir à l’accueil
Sergio Garcia down swing (Jaime Lopez/JAM MEDIA/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
Sergio Garcia down swing (Jaime Lopez/JAM MEDIA/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

Sergio Garcia

Swing séquence Jamais sorti du top 100 mondial depuis vingt ans, Sergio Garcia a passé quinze ans dans les 10 ou 20 meilleurs joueurs de la planète durant cette période. Malgré son swing atypique et une seule victoire en Majeur (Masters 2017), il est des trois meilleurs joueurs du monde durant cette période avec Mickelson et Woods. Explications de son swing avec Jean-François Lucquin.

Jamais sorti du top 100 mondial depuis vingt ans, Sergio Garcia a passé quinze ans dans les 10 ou 20 meilleurs joueurs de la planète durant cette période. Malgré son swing atypique et une seule victoire en Majeur (Masters 2017), il est des trois meilleurs joueurs du monde durant cette période avec Mickelson et Woods. Explications de son swing avec Jean-François Lucquin.

Rémy : Quand on parle du swing de Sergio Garcia, les spécialistes évoquent le « lag », qu'est-ce que c'est exactement ?

J.-F. L. : « Sergio Garcia a ce "lag" qui le caractérise depuis toujours, surtout au downswing. Au backswing, quand le bras gauche est parallèle au sol, il manque d'armement de mains et ce "lag" permet de rattraper cela au retour. Avec ce non-armement à la montée, il devient indispensable pour ne pas taper 20 centimètres avant la balle ! Ensuite, il se replace parfaitement à la descente pour dérouler dans la balle avec le shaft du driver dans le prolongement du bras gauche et avec le bras droit bien allongé ensuite. »

Charles : Avez-vous remarqué qu'il lève très légèrement son talon gauche en haut du swing ? Est-ce quelque chose de voulu ? Car très peu de joueurs le font.

J.-F. L. : « Ça n'est pas flagrant sur les images mais c'est vrai qu'on peut le voir venir "dégrafer" le talon gauche pour aller chercher un peu plus d'engagement et de rotation au backswing. On peut voir ça comme un mouvement à la Nicklaus avec le talon gauche qui lâche pour aller chercher plus de largeur à la montée. Aujourd'hui on a Ian Poulter ou Bubba Watson qui le font aussi mais je dirais plus que c'est une pratique "à l'ancienne" avec des joueurs comme Nicklaus donc mais aussi Palmer, Player et même Hogan. »

Pierre : Comment fait-il pour rester stable avec des jambes aussi peu écartées à l'adresse ? Qu'est-ce qu'un amateur peut en retenir ?

J.-F. L. : « Il y a un énorme travail d'appuis en salle de sport à mon avis. C'est vrai qu'il a un petit stance et que je le verrai bien avec un écartement un peu plus important mais il a un bas du corps et des appuis très stable au niveau du sol. Il a un très bon équilibre dynamique (équilibre durant le swing), on voit au retour qu'il vient bien prendre appui sur le pied gauche et il est parfaitement ancré dans le sol. Beaucoup de joueurs font l'inverse comme Justin Thomas ou Bubba Watson qui sautent à l'impact mais je préfère enseigner et encourager mes élèves à rester bien campés dans le sol pour avoir un maximum de stabilité et pour aussi ressentir les choses par les pieds. Les amateurs doivent vraiment retenir que l'équilibre dans le swing est crucial, du début jusqu'au finish qui doit être tenu. Ici, Sergio Garcia malgré son "lag" important est parfaitement équilibré en fin de mouvement. »

Sergio Garcia au finish (Rob Schumacher/USA TODAY SPORTS/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
Sergio Garcia au finish (Rob Schumacher/USA TODAY SPORTS/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

Ce qu'il faut retenir

L'importance de l'équilibre dans le swing de Sergio Garcia est cruciale et vous devez chercher à reproduire cela. L'équilibre au finish en particulier est indispensable car si vous êtes présent au finish, vous êtes présent à l'impact. Je travaille énormément cela avec mes joueurs et notamment Julien Guerrier qui avait il y a quelque temps un équilibre très précaire au finish malgré son gabarit solide. Après lui avoir demandé de tenir la position en fin de mouvement jusqu'à ce que la balle tombe par exemple, il est devenu beaucoup plus solide. Je vois souvent les amateurs en déséquilibre au finish notamment dans les pro-ams quand ils veulent taper fort, mais la clé est vraiment de chercher à maintenir la position en fin de mouvement le plus proprement possible.