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Romain Langasque grandeur nature

Suivre Romain Langasque chez lui, en Andorre, n'est pas une expérience reposante. Il faut épouser son rythme soutenu, se lever aux aurores, ne pas hésiter à chausser les skis et crapahuter sans broncher dans les montagnes.

La montagne est timidement illuminée par une pleine lune majestueuse. Un rythme régulier vient briser le froid silence de cathédrale ambiant, ceux des skis de randonnée de Romain Langasque. Inlassablement, depuis une bonne demi-heure, il imprime un solide tempo à la maigre colonne qui le suit tant bien que mal, les yeux encore mi-clos. Il n'est pas 7 heures du matin quand le Français met le mouvement en pause. « C'est là-bas qu'on va, vers les plus hauts lacs de Pessons. Ici, c'est pour les touristes. On reviendra y manger une fois la rando terminée. » Le doigt ganté du joueur du Tour pointe l'un des sommets qui reçoivent les premiers francs rayons du soleil.

Alors on grimpe de plus belle au coeur même du cirque de Pessons, vaste étendue de roches enneigées saupoudrées de quelques rares pins. Ce petit bout d'Andorre qui jouxte la frontière tricolore est devenu depuis près de cinq ans le terrain de jeu favori de Romain Langasque. Le récent vainqueur du Wales Open est à son aise en altitude. Il y est clairement chez lui et se fraye rapidement un chemin à travers l'immense dédale de roches encore couvertes d'une neige teintée d'orange. « Ça, ce sont les restes d'une tempête de sable en provenance directe du Sahara cet hiver, explique Romain. C'était assez fou car on a skié quelques jours sur une neige couleur sable. C'était spécial. »

Une dernière pente solide à gravir et voilà les quelques centaines de mètres de dénivelé positif avalées en moins d'une heure trente. Un temps honorable pour le duo photographe/journaliste qui le suit, un chrono qu'on imagine un brin lambin pour le golfeur à peine essoufflé. Mais l'important est atteint : un point de vue à 360 degrés sur ce cirque montagneux désormais sublimé d'un azur sans nuages.

Romain trouve un fauteuil de granit et plonge son regard au loin, vers ces sommets qui culminent à près de 2 800 mètres. « J'ai toujours grandi et évolué dans ce genre d'endroit escarpé, très naturel, raconte le Français. Du coup, l'idée de vivre en Andorre a été assez naturelle. Bien sûr le fait que Victor Dubuisson y habite déjà a été un tremplin encore plus fort. C'est lui qui m'a fait découvrir l'Andorre. Il m'a permis de rencontrer ceux qui m'ont aidé à m'y installer et surtout à m'y sentir vite très bien. »

La suite de ce reportage exclusif illustré des clichés de Sébastien Vincent est à lire dans le numéro 163 de Journal du Golf.