Greg Havret
« Nicolas est un talent à l'état pur, comme on en croise rarement. Il est capable de faire à peu près n'importe quelle trajectoire, de développer des choses que peu de personnes réussissaient en matière de créativité, puissance, originalité. C'est un talent qui a traversé les décennies en nous bluffant à chaque fois. Parce qu'il est parfois tombé un peu bas. C'est un ami très proche avec qui j'ai passé énormément de temps pendant 25 ans sur le Tour. Il a tout connu de moi, le bon, le moins bon, des moments de vie qu'on a partagés. Il m'a vraiment guidé, je l'ai beaucoup écouté, c'est un leader naturel. Quand il est dans un groupe et qu'il donne son avis, c'est souvent hyper pertinent et j'écoute, je bois ses paroles. Bref, c'est un homme complet et un joueur extrêmement talentueux. On a un groupe de quelques joueurs avec lequel on a beaucoup traîné : Raph Jacquelin, Marcel Siem, Philippe Lima, Jeff Luquin, Barry Lane aussi à l'époque, Thomas Levet, Jean-Baptiste Gonnet. On a passé un temps fou réunis autour de grandes tablées de 10 ou 12 personnes. C'était l'art de vivre à la française : on restait des heures à discuter. Ce n'était pas forcément idéal pour la compétition, surtout quand la fatigue tombait et qu'on aurait dû se coucher tôt, mais c'était notre vision de la vie. On a partagé des moments mémorables, même les soirs de cuts manqués... »
« Nicolas est un talent à l'état pur, comme on en croise rarement »
Greg Havret
Raphaël Jacquelin
« C'est bien qu'il dise au revoir en Belgique chez lui (au Soudal Open 21-24 mai 2026). Malheureusement je ne le verrai pas car je suis à Lacanau sur un tournoi cette semaine-là. Je me souviens du jeune qui tapait plus fort que tout le monde. Il venait du hockey sur gazon ce qui aide énormément. Il est arrivé très, très jeune. À 18 ans, je crois. Dans le golf, entre francophones, on s'entend plutôt bien. Le courant est passé immédiatement et on a fait toutes ces années ensemble. On se voyait toutes les semaines, et on mangeait ensemble, pas tous les soirs, mais pas loin. Donc ça fait du temps passé, de bonnes soirées, de bons moments, sur les parcours ou en dehors. On se voit moins, mais c'est toujours un plaisir de se revoir. Nico, c'est un mec entier : quand il a envie de te dire quelque chose, il va te le dire, donc ça c'est plutôt sympa. Pour revenir au joueur, c'est vraiment un pur talent, qui adore le jeu. Peut-être que l'entraînement, c'est pas son point fort, mais il aime jouer, c'est un vrai passionné. »
Ugo Coussaud
« J'ai le souvenir de le voir à la télé à la Ryder Cup (en 2012 à Medinah, USA). C'était quand même ultra cool. Il m'avait aussi donné un bon conseil, un jour où j'étais un peu dans le dur au chipping. On avait fait une partie ensemble, et il m'avait conseillé deux-trois choses pour régler mes problèmes. Ça m'avait aidé. Un autre bon souvenir ? Une petite soirée à Tokyo. On avait passé un bon moment. J'aime bien passer du temps avec lui. »
Clément Sordet
« Je n'ai pas eu la chance de beaucoup jouer avec lui. Une fois seulement, en Allemagne. Top joueur. C'est vraiment un emblème du golf européen. La dernière fois qu'on s'est vus et où on a joué ensemble, on parlait justement de sa partie avec Tiger (Woods) à la Ryder. C'est cool, c'est top. »
Antoine Rozner
« Je me souviens que, sur mon tout premier tournoi sur le Tour, il était là. On avait pu discuter dans le camion Titleist. C'était assez amusant. Nico, je l'ai surtout beaucoup vu à la télé, notamment lors de cette fameuse Ryder Cup (2012), où il avait été énorme. Ça a été un grand moment pour lui, pour le golf belge, et même pour les golfeurs français. On se sent assez proche de lui. Il aura laissé une bonne image : celle de quelqu'un avec une vraie joie de vivre. Un grand monsieur. »
Julien Guerrier
« Je me rappelle un petit clin d'oeil : j'avais fait une semaine d'entraînement, j'étais encore amateur. Lui aimait bien la fête, donc en général, on se croisait au moment où moi je rentrais de l'entraînement et lui allait commencer. J'ai apprécié quand il était à côté de moi pour la Team Cup, à m'aider pour essayer de vaincre l'équipe britannique. Et c'est le "Belgian Bomber". Un joueur hyper talentueux, cool, à l'aise dans beaucoup de situations. Pour moi, il est un exemple sur beaucoup de points : il a fait une Ryder Cup, il a du charisme, il est agréable à voir jouer. »
« Nico laisse une bonne image : celle de quelqu'un avec une vraie joie de vivre. Un grand monsieur »
Antoine Rozner
Romain Langasque
« Nico, c'était la famille. Ça ne va pas lui plaire, mais avec Raph, Greg et Nico, c'était la même famille, le même esprit. Quand je suis arrivé sur le Tour, ils étaient mes exemples. C'est un joueur de feeling, un joueur qui frappe fort, qui joue avec la balle. Je m'y retrouve. Il a toujours été un peu dans le clan français. Le Belge du clan français, en quelque sorte. Il a toujours été très proche de nous, très cool, avec moi en tout cas. Il a toujours été super. C'est quelqu'un qui sait faire régner la bonne ambiance, la bonne atmosphère. On a fait quelques parties de reconnaissance ensemble, toujours dans la bonne humeur. Et forcément, je me rappelle aussi la Team Cup, en début d'année dernière. Il était là, il parlait français, il était à mes côtés aussi. Il va nous manquer, j'espère qu'on le recroisera régulièrement. Je lui souhaite sincèrement tout le meilleur et je ne garde que du positif. »
Romain Béchu, joueur professionnel
« C'est mon père qui l'a fait venir en Australie. Nico était à un moment compliqué dans sa carrière ? il avait besoin de retrouver la foi, l'envie de jouer.
On était dans un campus avec presque exclusivement des golfeurs. Quand il est arrivé, au début, il n'avait pas vraiment la tête à s'entraîner, pas la motivation. Nous, ça faisait déjà quelques semaines qu'on était là, on était chaud bouillant. Du coup, on le battait souvent sur les parties de l'après-midi. Je pense que son ego de compétiteur a fini par reprendre le dessus ? ça n'a pas dû trop lui plaire. Et progressivement, il s'est mis à s'entraîner plus sérieusement, à se lever le matin.
À la fin du séjour, on avait organisé un tournoi sur quatre tours. Notre coach australien, Ken Burns, était impressionné par son niveau. Il nous avait dit que si on finissait sous le par sur ce parcours, on avait la capacité de jouer partout dans le monde, sur n'importe quel circuit. Nico, évidemment, y était arrivé ? et il nous avait tous battus. Je pense que ce coach, ce discours-là, ça a changé pas mal de choses pour Le Cols.
« On a envie d'écouter Nico. C'est un sacré personnage du golf, et l'un des gars les plus cool de notre sport »
Romain Béchu
Mais avec Nico, c'est aussi des souvenirs incroyables de week-ends sur la Gold Coast ou à Byron Bay. On tapait des coups de wedge, des fers sur la plage, sans personne autour, dans des endroits complètement idylliques. À l'époque, il était un peu notre idole ? pour tout ce qu'il avait accompli, son talent, sa frappe de balle, mais aussi sa gentillesse, son charisme. On le regardait avec des grands yeux. C'étaient de grands moments, et pour chacun d'entre nous, ces voyages nous ont marqués à vie. Nico reste la plus grande réussite, et de loin, de tous les joueurs qui sont passés là-bas.
Un petit message aussi pour ses parents, que je voudrais remercier chaleureusement. Ils m'ont accueilli chez eux quand je m'entraînais avec Michel Vanmeerbeek ? de supers souvenirs, avec une famille vraiment extraordinaire. La relation que Nicolas entretient avec eux est magnifique. Il a su leur renvoyer l'ascenseur en les faisant voyager, en les embarquant dans son aventure. Je trouve ça très beau.
Je sais que ces dernières années ont été difficiles. Mais maintenant, il va pouvoir continuer à transmettre sa passion à travers ses prochains projets, notamment les commentaires. On a envie de l'écouter, Nico ? un sacré personnage du golf, et l'un des gars les plus cool de notre sport. »