La rédaction s'est plongé dans ses souvenirs pour célébrer le numéro 200 de Journal du Golf. (Sammy Minkoff/IMAGO/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
La rédaction s'est plongé dans ses souvenirs pour célébrer le numéro 200 de Journal du Golf. (Sammy Minkoff/IMAGO/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

20 ans d'exploits et de drame

Pour célébrer le n°200 de Journal du Golf, le n°1 est sorti en juin 2004, la rédaction de votre magazine préféré s'est plongée dans ses souvenirs de 2006 à 2012.

2006 - « I'm such an idiot »

C'est déjà son 16e US Open, avec un swing en souffrance ce dimanche-là - seulement deux fairways touchés de la journée. Mais qu'importe, le bricolage de Phil Mickelson a fait le boulot, et il est coleader à +4 avec Colin Montgomerie quand il sort le driver sur le tee du 17. Premier avertissement : sa balle file très à gauche, dans une poubelle, pour un free drop et un recovery miraculeux pour sauver son par. Mais au 18, son coup de départ - encore le driver plutôt que son bois-4 - part des kilomètres à gauche, pour rebondir sur le toit d'une tente d'hospitalité et rester dans le rough. C'est là que ça se gâte pour de bon. Mickelson tente un coup de fer téméraire, qui prend un arbre pour avancer d'à peine 25 mètres ; puis un autre qui file à travers les branches pour, hélas, s'échouer pluggué dans le bunker. Sortie impossible, approche trop longue et putt de 2,5 mètres qui rentre pour double bogey : il termine un coup derrière Geoff Ogilvy. « Je ne suis qu'un idiot », commentera-t-il. Il finira six fois deuxième de l'US Open, le seul Majeur qui manque à son palmarès, et ne sera jamais n° 1 mondial.

Philippe Chassepot.

Lundi 16 juin 2008, Tiger Woods vient d'écrire l'une de ses plus belles pages, en retournant un US Open qu'il n'aurait même pas dû disputer. (Mark J. Rebilas/US PRESSWIRE/PRE/Presse Sports)
Lundi 16 juin 2008, Tiger Woods vient d'écrire l'une de ses plus belles pages, en retournant un US Open qu'il n'aurait même pas dû disputer. (Mark J. Rebilas/US PRESSWIRE/PRE/Presse Sports)

2008 - Et Woods fait rugir l'Amérique

À ce qu'on dit, les cris du public résonnent encore à Torrey Pines. Lundi 16 juin 2008, Tiger Woods vient d'écrire l'une de ses plus belles pages, en retournant un US Open qu'il n'aurait même pas dû disputer. Traits de fracture au tibia, ligaments du genou rompu et chargé aux anti-inflammatoires, l'Américain est proche de la rupture à chaque swing, parfois plié en deux tant la douleur le foudroie. Le birdie lui est imposé sur le 72e trou pour arracher un play-off le lendemain et sur 18 trous, contre l'improbable Rocco Mediate. Quatre mètres à réussir, encerclé par 20 000 spectateurs au bord de l'AVC. Pas un bruit pendant la routine, pas un son pendant le putt. Et la balle finit par tomber, lançant un vacarme irréel, une hystérie collective qui durera bien cinq minutes une fois le drapeau replacé. Des bras levés, des mains qui claquent et des décibels à vous en faire péter les micros. Une ambiance digne de la Bombonera, le stade de Boca Juniors en Argentine, avec des fans qui ne voulaient plus quitter la tribune. Une nuit plus tard, Tiger gagnera son 14e Grand Chelem. Nous étions, malheureusement, déjà dans l'avion du retour, se consolant avec un live scoring lunaire signé du commandant de bord lui-même. Et 19 trous plus tard, une ovation finale à 30 000 pieds, pas loin du septième ciel.

Benjamin Cadiou.

L'édition 2012 de la Ryder Cup restera à graver dans la mémoire des joueurs de l'équipe européenne. (Mark Newcombe/VISIONS IN GOLF/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
L'édition 2012 de la Ryder Cup restera à graver dans la mémoire des joueurs de l'équipe européenne. (Mark Newcombe/VISIONS IN GOLF/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

2012 - Le miracle de Medinah

Ryder Cup, Medinah, miracle... ces quelques mots ont toujours le même effet sur Nicolas Colsaerts. L'émotion est là, les émotions encore présentes. Même 13 ans après, cette édition 2012, remportée par l'Europe au terme d'un dimanche complètement fou, reste gravée dans les mémoires de tous.

Emmenée par José María Olazábal, l'Europe commence pourtant mal la compétition. Même si elle est menée 10-6 le samedi soir, dans les esprits européens, la folle remontée a déjà commencé. Ian Poulter est en feu : son point ramené en quatre-balles avec Graeme McDowell a tout déclenché. Les images de l'Anglais aux yeux exorbités ont fait le tour du monde. L'Europe est en vie et l'esprit de Seve Ballesteros, décédé en 2011, est bien présent dans la team room bleue et jaune.

L'Histoire est en marche. Même la panne de réveil de Rory McIlroy ne perturbe pas les Européens, qui réalisent un dimanche miraculeux en remportant 7 matches sur 12 et en faisant 1 nul. Score final : 14,5-13,5.

L'Histoire retiendra que Martin Kaymer - qualifié de justesse et pas au mieux de sa forme avant le début de la compétition - a rentré le putt décisif pour conserver la coupe.

« À chaque fois que je croise l'un des gars de cette équipe, on ne peut s'empêcher de repenser à cette semaine. Cette Ryder est gravée en nous à jamais », avoue Colsaerts.

Jean-Philippe Rodenburger.