La rédaction s'est plongé dans ses souvenirs pour célébrer le numéro 200 de Journal du Golf. (Ray Acevedo/USA TODAY SPORTS/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
La rédaction s'est plongé dans ses souvenirs pour célébrer le numéro 200 de Journal du Golf. (Ray Acevedo/USA TODAY SPORTS/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

20 ans d'exploits et de drame - fin

Pour célébrer le n°200 de Journal du Golf, le n°1 est sorti en juin 2004, la rédaction de votre magazine préféré s'est plongée dans ses souvenirs de 2024 à 2025.

2024 - Pavon, l'ascension

Il n'y a pas meilleure façon de s'installer dans le grand monde. Catapulté sur le PGA Tour au terme d'un étourdissant sprint final au DP World Tour Championship 2023, Matthieu Pavon remporte dès le troisième tournoi de sa première saison pleine sur le circuit américain, le Farmers Insurance à Torrey Pines. Jamais un Français n'était parvenu à s'imposer dans la jungle où ferraillent les meilleurs golfeurs de la planète malgré l'exil de quelques talents sur le LIV. Encore classé 228e mondial quatre mois plus tôt, le Bordelais fait irruption aux portes du top 30. Et ce n'est pas fini. Sur la lancée de ce début de saison fracassant, le Bordelais de 31 ans se voit pousser des ailes. Irrésistible, il décroche une 12e place à Augusta (record français à la clé) dès sa première participation au Masters. Après avoir été en dernière partie le dimanche, il termine 5e de l'US Open. La 20e place mondiale s'offre alors à lui. Qui aurait imaginé pareille ascension un an auparavant ?

Romain Lefevbre

Dans une dernière journée sous haute tension, l'équipe européenne a remporté sa deuxième Ryder Cup consécutive... sa première sur le sol américain depuis 2012 et le miracle de Medinah. (Matthew Harris/INPHO/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
Dans une dernière journée sous haute tension, l'équipe européenne a remporté sa deuxième Ryder Cup consécutive... sa première sur le sol américain depuis 2012 et le miracle de Medinah. (Matthew Harris/INPHO/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

2025 - Une Ryder qui sent le soufre

Un public américain hostile comme jamais, des insultes et des doigts d'honneur à profusion, des bouteilles qui volent. Oui mais voilà, c'est un coeur en plomb qui bat chez cette équipe européenne de flibustiers : elle remporte les quatre sessions de doubles pour mener 11,5 à 4,5 avant les simples, le plus gros écart depuis la version moderne de l'épreuve en 1979. C'est là que notre ventre s'est noué pour de bon. Les Américains ont commencé à remporter des matches sur le tout dernier green, à mettre le Vieux Continent à l'agonie : une seule victoire en 11 rencontres (Viktor Hovland avait déclaré forfait le matin), le pire bilan de son histoire. La crème renversée s'annonçait indigeste, quand Russell Henley a laissé son putt court de 10 centimètres sur le 18. Lowry a lui rentré ses deux mètres pour le demi-point du 14-14, avant que Hatton et MacIntyre ne portent le score à 15-13. La prophétie annoncée par Rory McIlroy deux ans plus tôt s'est bien réalisée, pour un exploit encore plus énorme que 2012, compte tenu du niveau de jeu global.

Philippe Chassepot

11 ans après son dernier titre en majeur, Rory McIlroy remportait sa première veste verte au terme d'un dimanche riche en émotions. (Kyle Terada/IMAGN IMAGES/PRESSE SPORTS/Presse Sports)
11 ans après son dernier titre en majeur, Rory McIlroy remportait sa première veste verte au terme d'un dimanche riche en émotions. (Kyle Terada/IMAGN IMAGES/PRESSE SPORTS/Presse Sports)

2025 - McIlroy, l'émotion

On aura beau chercher au soir de cette année 2025, aucun exploit sportif n'aura suscité autant d'émotion que la victoire de Rory McIlroy au Masters. Au terme d'un dimanche d'ivresse golfique, le Nord-irlandais de 34 ans boucle son Grand Chelem en carrière dès le premier trou de play-off qui l'oppose à son coéquipier de Ryder Cup Justin Rose. En pleine golden hour, quand le soleil couchant de Géorgie caresse de sa lumière pourpre les fairways vallonnés d'Augusta, « Rors » tombe à genoux sur le green du 18 et ce sont tant de larmes et de déceptions qui remontent alors en surface, 11 ans après son dernier titre en Grand Chelem (le PGA Championship 2014). Transformer le plus beau jardin de la planète en chaudron dédié à sa gloire, voilà ce qu'a réussi le golfeur le plus génial et charismatique depuis Tiger Woods. Tout le reste, entre grosses bourdes et coups de génie sur le chemin de ce Graal, appartient désormais à l'Histoire.

Romain Lefevbre