Une semaine après le British Open, et alors que la plupart des meilleurs mondiaux étaient en vacances, le Nordea Scandinavian Masters présentait néanmoins un superbe plateau. Dans la banlieue de Stockholm, c’est le Suédois Richard S. Johnson qui s’est imposé.
Nordea Scandinavian Masters
Brot Hof Slott Golf Club
Par 72 de 6 734 mètres
Stockholm, Suède
Vainqueur : Richard S. Johnson (Suède) ; 70, 66, 70, 71 (-11)
Johnson, prophète en son pays
Jusqu’à dimanche, on connaissait assez peu Richard S. Johnson. Et pour cause, ce natif de Stockholm au nom à consonance américaine évolue depuis 2003 outre-Atlantique, où il est l’un des quelques Suédois détenteurs de droits de jeu à plein temps sur le PGA Tour.
Mais dans la foulée du British Open, cet ancien tennisman, skateboarder et handballeur est revenu avec bonheur sur son sol natal pour y décrocher la deuxième victoire de sa carrière sur le circuit européen, huit ans après son succès à l’ANZ Championship.
Co-leader à -10 à l’entame du dernier tour, le Suédois a profité de l’effondrement du Sud-Coréen K.J. Choi (78, +6) pour s’imposer. Auteur d’une carte de 71 (-1), il a su résister à la pression mise par l’Argentin Rafael Echenique (69, -3) pour soulever le trophée avec un score final de -11. Et de fort belle manière, puisque c’est grâce à un putt pour birdie de plus de 25 mètres sur le 18e green qu’il a scellé le sort du tournoi !
A la troisième place, on retrouve un habitué des sommets des leaderboards, l’Italien Edoardo Molinari (-9). Et un coup derrière encore, un trio des Antipodes : Brett Rumford (Australie), Mark Brown (Nouvelle-Zélande) et le récent vainqueur du British Open, le Sud-African Louis Oosthuizen. Une semaine après son festin de Saint Andrews, « Shrek » avait encore faim, mais a du cette fois-ci se contenter des restes…
Les résultats des Français
Raphaël Jacquelin
24e, 72, 73, 72, 70 (-1)
Gains : 16 400 €
Race To Dubai : 36e
L’analyse : semaine correcte pour le meilleur tricolore du moment. L’entame de tournoi (-4 au 15e trou lors du premier tour) laissait présager de grandes choses, mais un quadruple bogey au 17 a douché les espoirs du Lyonnais.
Offensif, Jacquelin a alterné toute la semaine le très bon (18 birdies et 2 eagles) et le moins bon (15 bogeys, 1 double et 1 quadruple). La faute à un petit jeu défaillant, comme en atteste sa statistique de scrambling (pars réussis lorsqu’il ne touche pas le green en régulation) : 7 sur 23 sur l’ensemble de la semaine.
Victor Dubuisson
24e, 73, 69, 71, 74 (-1)
Gains : 16 400 €
Race To Dubai : 240e
L’analyse : pour son premier tournoi en tant que professionnel, Victor a passé le cut, et c’est déjà pas mal. L’ex-numéro 1 mondial amateur s’est remis de son cut raté au British Open la semaine précédente pour engranger ses premiers points au classement européen.
Une carte de score solide, mais comme Jacquelin il a alterné le bon (13 birdies, 2 eagles) et le moins bon (12 bogeys, 2 doubles). L’absence de statistiques le concernant rend périlleuse une analyse plus poussé de sa performance.
Benjamin Hébert
28e, 76, 68, 69, 75 (par)
Gains : 14 720 €
Race To Dubai : 139e
L’analyse : semaine contrastée pour le rookie. Un mauvais premier tour (+4) pour commencer, un deuxième quasi-parfait (-4) pour passer le cut, un très bon troisième (-3) pour se donner une chance le dimanche, et un dernier sans réussite (+3) pour finir dans le milieu du classement.
Malgré cela, Benjamin continue sur sa lancée et grignote chaque semaine de précieux points au classement européen. Il a franchi son 9e cut consécutif, le 11e au total sur 15 tournois joués cette saison, et se rapproche un peu plus de la 115e place synonyme de qualification pour le circuit européen en 2011.
Jean-Baptiste Gonnet
34e, 73, 72, 71, 74 (+2)
Gains : 11 360 €
Race To Dubai : 131e
L’analyse : aucune catastrophe à signaler sur la carte de score de Jean-Baptiste, qui a réalisé 12 birdies contre 14 bogeys sur les quatre tours. Mais avec un driving peu précis (28 fairways touchés sur 52) et un petit jeu mal réglé (9 approches-putts sur 21), il était difficile de prétendre à mieux.
Cela dit, Gonnet a été une nouvelle fois solide. Il ne lui manque pas grand-chose pour signer un top 10, voire mieux ; et avec une telle performance il peut raisonnablement espérer conserver lui aussi sa carte pour la saison prochaine.
Julien Guerrier
47e, 69, 71, 78, 74 (+4)
Gains : 7 680 €
Race To Dubai : 177e
L’analyse : un tournoi qui laissera sans doute quelques regrets au Rochelais, parti tambour battant. Deux tours sous le par pour se positionner en embuscade au soir du cut, mais son troisième tour catastrophique (4 bogeys, 1 double et aucun birdie) lui a enlevé tout espoir de bien finir.
La faute à un putting qui s’est déréglé le weekend (36 putts le samedi, 34 le dimanche). Dommage, car avec 78% de greens en régulation (3e joueur du champ dans cette catégorie), Julien a eu les occasions de birdies.
Grégory Bourdy
54e, 72, 73, 78, 71 (+6)
Gains : 5 600 €
Race To Dubai : 56e
L’analyse : pour Grégory, le constat est à peu près le même que pour Julien Guerrier : deux premiers tours solides, mais un horrible 78 le samedi qui le relègue aux oubliettes du classement. Aux mêmes causes les mêmes effets : avec 35 putts lors du troisième tour, difficile de faire mieux…
Néanmoins, on ne s’inquiète pas pour Bourdy, qui continue à passer les cuts avec une régularité de métronome (14 sur 16 cette saison, le dernier manqué en janvier !) Après sa 6e place à l’Alstom Open de France début juillet, on attend maintenant sa 4e victoire sur le circuit en quatre ans !
Ils n’ont pas passé le cut (+1)
Michaël Lorenzo-Vera : 73, 74 (+3)
Julien Quesne : 74, 74 (+4)
Jean-François Lucquin : 71, 77 (+4)
Christian Cevaër : 73, 75 (+4)
François Delamontagne : 76, 75 (+7)
Dans le reste du monde…
PGA Tour : un Suédois peut en cacher un autre
Le circuit américain faisait étape au Nord pour l’Open du Canada. Dans la banlieue de Toronto, c’est encore un Suédois, Carl Petterson, qui l’a emporté.
Auteur d’une carte de 60 le samedi, ce régulier du circuit américain a confirmé lors du dernier tour pour remporter son 4e succès outre-Atlantique.
Il devance Dean Wilson (Etats-Unis) d’un coup et le toujours très en forme Britannique Luke Donald de deux.
Senior Tour : Langer à nouveau majeur !
A 53 ans, l’Allemand est toujours vert. Depuis son passage dans les rangs seniors en 2007, le double vainqueur du Masters (1985 et 1993) collectionnait les victoires sur le Champions Tour américain (10), le Senior Tour européen (1) et les ordres du mérite (numéro 1 aux Etats-Unis ces deux dernières saisons).
Mais étonnamment, Bernhard Langer n’avait toujours pas gagné de Majeur chez les plus de 50 ans…
C’est désormais chose faite grâce à son succès au Senior British Open, qui se disputait sur le légendaire parcours de Carnoustie en Ecosse.
Le capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup 2004 s’y est imposé avec un coup d’avance sur le capitaine de l’équipe américaine de Ryder Cup 2010 Corey Pavin…
Le seul Français engagé, Marc Farry, n’a pas franchi le cut.
Challenge Tour : succès pour Gaunt
A Stoke by Nayland en Angleterre, la victoire est revenue à l’Australien Daniel Gaunt (-17). Le meilleur Français, Alexandre Kaleka, termine à une bonne 5e place.