A 15 ans, Alexis Thompson est le nouveau phénomène du golf mondial. Pour son premier Evian Masters, l'Américaine a même bien failli créer la sensation, échouant à un tout petit coup de la victoire.
Des adolescentes dans les rangs professionnels, c’est presque devenu banal. Mais le cas d’Alexis Thompson, 15 ans, détonne à Evian. La plus jeune engagée du Masters alpin est une sorte de char Sherman monté sur boucles d’oreilles.
Un regard bleu métallique d’une force rarement vue auparavant, rappelant la Monica Seles période 1991-1995 : « Sur le parcours, je suis déterminée. C’est ainsi depuis mes cinq ans. »
Son swing est puissant, aussi, et a été taillé par Jim McLean, le même coach que la n°3 mondiale Cristie Kerr.
Comme certains hommes, Thompson peut taper un fer 4 à 200 mètres, s’appuyant sur des jambes toniques et des épaules labellisées « fitness ».
Même avec son visage de cheerleader et ses boutons d’acné, le nouveau phénomène américain fait déjà peur sur un parcours. « C’est déjà une belle athlète, je me sens vraiment petite, » témoigne Gwladys Nocera, qui partageait les deux premiers tours en sa compagnie. « Elle tape très fort et putte bien : on la verra bientôt au top du classement mondial. »
L'US Open à 12 ans
L’Amérique s’émeut en 2007, quand la gamine de Fort Lauderdale se qualifie pour l’US Open. Elle a 12 ans et 4 mois, du jamais vu. En juin dernier, « Lexi » poursuit son opération destruction de records de précocité en devenant la plus jeune joueuse de l’histoire du golf à passer pro.
Un saut dans un bain de requins réalisé avec l’autorisation parentale, et celle des instances du LPGA, qui théoriquement pourtant interdit aux mineurs les swings tarifés.
Une aubaine, en fait, pour le circuit américain, qui voit d’un mauvais œil son classement envahi par les Asiatiques (11 dans les 20 premières, au 26 juillet). Car les standards de séduction sont ainsi : les gamines veulent ressembler aux grandes blondes aux drives élancés, et beaucoup moins aux petites Coréennes joufflues…
Un premier cut raté, au ShopRite Classic, avant le coup de canon de juillet. Une dixième place à l’US Open, c’est déjà énorme, mais quand cette performance est « postée » à Oakmont, sur l’un des pires tests golfiques outre-Atlantique, on peut hurler au génie !
Six sésames pour la saison
Plus riche de 50 000 euros, cette fan d’Hannah Montana a juste eu le temps de se prendre en photo avec son tout premier chèque. Deux jours plus tard, le 13 juillet, l’invitation pour l’Evian Masters tombe, soit le deuxième des six sésames auxquels Thompson a droit, en tant que non-affiliée au LPGA Tour.
Flanquée d’un papa dévoué, cumulant les jobs de caddy, d’instituteur particulier et de préparateur mental, l'ex-149e mondiale (elle est désormais 74e depuis sa 2e place dans les Alpes) débarque en France, avec une ligne de conduite : « Je veux enchaîner les tournois, sans pression. Je n’ai rien à perdre à Evian, et je vais juste faire de mon mieux. »
Alexis va vite devoir faire un choix de vie, à un âge où l’on se préoccupe davantage du prénom de son premier flirt. Pour intégrer le tour américain en tant que mineure, elle devra espérer une exemption de la LPGA.
Un cas qui s’était produit en 2005, quand Morgan Pressel avait accédé, à 17 ans, au paradis du golf pro féminin. Encore un record de précocité qu'Alexis Thompson pourrait bien faire tomber.